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Ils vous parlent du Service Civique !

Ils vous parlent du Service Civique ! - © Conseil Départemental du Bas-Rhin

Tu es intéressé par une mission de Service Civique au Département ? Découvre les missions, les ressentis et les conseils de Ly-Lou, Corentin et Victor, volontaires au Département durant l'année 2017/2018 !

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots, ainsi que votre mission ?

Corentin : Bonjour, je m’appelle Corentin, j’ai 24 ans et j’étais Ambassadeur des Journées Citoyennes. Pour être un peu plus précis, il s’agissait d’organiser une journée au collège Sophie Germain de Cronenbourg. Je pense qu’il est primordial d’expliquer ce qu’est une journée citoyenne dans un collège. C’est une journée banalisée sur le temps scolaire, c’est-à-dire, où il n’y pas de cours traditionnel mais le temps y est dédié à l’élaboration et la réalisation de différents projets à intérêts collectifs. 

Lors de cette journée s’établissait des ateliers, tous réalisés par des élèves et ces ateliers touchaient différents domaines comme l’environnement, le sécurité routière, la santé, etc.. A travers ces derniers, l’idée principale était de sensibiliser les élèves à cette notion de citoyenneté mais également aux valeurs qui en découlent comme la tolérance, l’entraide, l’esprit collectif, le bénévolat etc… 

Ly-Lou : je m’appelle Ly-Lou, j’ai 19 ans et je suis Jeune ambassadeur défenseur des droits auprès des enfants. Ma mission consiste à faire plusieurs interventions durant une partie de l’année dans 14 collèges. Nous avons rencontré les classes de 6ème et de 5ème pour les sensibiliser aux droits de l’enfant, c’est-à-dire faire des animations et utiliser un PowerPoint plus théorique.

L’autre partie de l’année, à partir de février, on a visité des établissements spécialisés comme par exemple les Maisons d’enfance à caractère sociale, là où on place les enfants qui ont des difficultés familiales et la PJJ (Protection judiciaire de la jeunesse).

Victor : Moi c’est Victor, j’ai 25 ans, et durant l’année j’ai été Ambassadeur du développement durable dans les collèges. J’avais deux missions essentielles : la première était la lutte contre le gaspillage alimentaire dans les restaurants scolaires, qui consistait à faire des pesées, trier les déchets, et en parallèle à ça faire des animations auprès du public des restaurants scolaires. L’autre point de ma mission c’était toutes les autres actions liées au développement durable, donc principalement des ateliers.

Si vous deviez résumer votre année en quelques mots ? 

Corentin : moi je dirais trois mots : confiance, apprentissage et épanouissement.

Ly-Lou : adaptation, maturité

Pouvez nous parler des difficultés, des choses que vous auriez aimé changer, faire différemment ?

Victor : l’accueil au Conseil Départemental était top, les tuteurs étaient supers aussi et on nous a laissé beaucoup en autonomie. Au niveau des points négatifs, ce serait le nombre qu’on était sur notre mission. C’était une mission prévue pour 6 personnes normalement et on était que trois. C’était un peu dur de tout gérer, c’était dur de faire deux choses en parallèle. Les premiers mois sont plus difficiles, le temps de s’organiser, d’appréhender tous les outils, mais finalement ça s’est fait assez bien. 

Corentin : moi je ne vois pas de points négatifs. C’était la première année où ma mission était proposée. Deux autres personnes faisaient la même mission que moi sur deux autres collèges et du coup dès qu’on avait un petit problème on échangeait directement. 

Ly-Lou : l’organisation avec les partenaires était compliquée, de prendre rendez-vous avec eux parce que les partenaires ont souvent eux aussi un emploi du temps chargé. À part ça, le travail en équipe, ça s’apprend ! On avait aussi des différences de rythmes dans l’emploi du temps : des fois on est surbooké, et des fois on a des moments de creux. 

Est-ce qu’il y a eu des choses au court de votre mission que vous ne vous sentiez pas capables de faire, mais pour lesquelles vous vous êtes finalement surpassés ? 

Corentin : moi c’était au tout début de ma mission, j’avais en moins d’une semaine 3 interventions à faire dans des réunions différentes : il y avait un Conseil pédagogique avec tous les professeurs, une réunion avec les directeurs d’établissements et enfin un Conseil de parents d’élèves. Donc 3 réunions, 3 publics différents, avec en moyenne entre 20 et 40 personnes pour chacune. On a pas encore forcément l’assurance, et au final ça se passe bien et ça c’est quelque chose que je ne pensais pas être capable de faire : c’était vraiment un dépassement de soi. 

Ly-Lou : moi c’était quelque chose de spécifique à ma mission : à l’issu des interventions, il arrivait que certains enfants se confient à nous et que ces paroles recueillies nécessitent d’être transmises aux autorités compétentes. Au début, nous avions peur de ne pas être assez formées pour être en mesure de recueillir cette parole, mais au fur et à mesure c’est devenu plus naturel et instinctif de savoir gérer ces situations. On se débrouille pour être la personne qu’il faut. 

Victor : Le rythme était parfois assez dur à tenir et il arrivait que nous enchaînions beaucoup d’animations dans un laps de temps assez court. Je me suis parfois retrouvé à devoir improviser durant 1h30. J’étais très stressé mais tout s’est toujours bien passé. Ces situations demandent une capacité d’adaptation ! Nous devions très souvent adapter les ateliers en fonction de la durée et du nombre de personnes présentes, qui pouvaient varier.

Une expérience qui vous a particulièrement marqués ? 

Corentin : c’est pas vraiment une expérience. Il faut bien connaître les tenants et les aboutissants de la mission et même savoir ce qu’il s’est passé avant que l’on arrive sur la mission. Il faut savoir pourquoi telles ou telles choses ont été mises en place par les anciens Services Civiques, pour ensuite être à l’aise pour parler de sa mission et pour éviter de rencontrer certains obstacles par la suite.

Je ne pensais pas qu’on me donnerait autant d’autonomie dans mon travail et qu’on m’accorderait autant de confiance, c’est d’ailleurs quelque chose que j’apprécie beaucoup. J’avais dans l’idée qu’en Service Civique, on était là pour réaliser des tâches bien précises. Maintenant je me rends compte qu’on m’a laissé une autonomie importante, que ce soit dans la prise de décisions ou dans la gestion du projet. Mes idées étaient prises en compte et c’était vraiment un grand point positif dans ma mission, après c’était peut-être surtout le cas pour ma mission, qui venait d’être créée. Pour d’autres missions, il faut davantage suivre des schémas établis. 

Ly-Lou : oui, lorsque l’on fait des interventions dans les collèges, notre travail est balisé. Au début, on faisait toujours la même intervention qui se déroulait en deux heures : une première heure théorique à l’aide d’un PowerPoint et ensuite une animation qu’on piochait dans notre mallette d’animations ou alors on décidait d’en créer une, et là c’était une fiche d’animation qu’il fallait envoyer à Paris (= au Défenseur des Droits), des retouches à opérer, puis des réunions de validation. 

Victor : Je n’ai pas vraiment une expérience en particulier mais… Je peux raconter une anecdote. La semaine dernière, on a été à l’Ecole Européenne et on a du faire notre atelier habituel en trois langues : français, anglais et allemand.

Corentin : Ah, mais y a pas Léa de ton groupe qui parle allemand ?

Victor : Si, elle parle assez bien allemand, justement. Heureusement ! C’était un petit peu stressant. Moi, je me suis chargé de l’anglais et Florence a fait le français. Ça s’est bien passé.

Corentin : L’école vous avait prévenus avant ?

Victor : Oui, oui.

Ly-Lou : Comme tu parles d’anecdotes, moi aussi j’en ai une. La dernière intervention que j’ai faite, c’était hier, au CEF. C’est, en gros, la case avant la prison pour les mineurs. On nous avait dit "Vous allez voir, le CEF, ça va du trafic de drogue au meurtre". La directrice adjointe nous explique que l’on va voir les enfants un par un. Ces enfants sont des jeunes garçons, qui ont 15-16 ans. Moi j’étais avec Laetithia ; on était deux petites nénettes à débarquer… Et finalement, ça s’est très bien passé. Ils étaient très touchants. Ils ont souvent envie de parler. On a beaucoup discuté de leur parcours personnel, de ce qu’ils voulaient faire plus tard… Ce sont des enfants qui ont beaucoup de rêves dans la tête. C’était très touchant comme expérience et très inattendu.  Il y avait un garçon, à qui on a proposé un jeu sur la thématique de la famille, et qui a dit qu’il n’avait pas trop envie de parler de sa famille. Je lui ai dit "Pas de problème !"et on a fait autre chose. Et au final, il a commencé à me parler de son papa, de son cousin… Il y a eu une certaine confiance qui, en une heure, s’est installée.

Quels conseils pour les futurs volontaires ?

Corentin : J’ai déjà un peu répondu avant, mais bien se renseigner sur sa mission avant, une fois qu’on a l’accord. Après, pendant la mission, chacun a des compétences différentes et des personnalités différentes. Mais c’est important de bien se mettre à l’aise pour bien commencer et bien tout assimiler. 

Victor : Je dirais la même chose que toi, effectivement. Essayer d’acquérir le maximum de connaissances sur la thématique de la mission et aussi bien s’organiser. Bien noter les rendez-vous, etc. Ça parait être un détail. Et bien mettre à profit l’autonomie qu’on nous donne pour faire les choses bien. 

Ly-Lou : Je vous rejoins un peu là-dessus. Sachez que vous allez entrer au Conseil Départemental et que c’est une grande machine. Et aussi, pour les futurs JADE (= Jeune ambassadeur défenseur des droits auprès des enfants), on a fait un carton avec plein de petits outils pour eux. 

Victor : C’est bien, ça !

Ly-Lou : Oui, nous on n’a pas eu cette chance !

Qu’est-ce que vous a apporté le Service Civique ?

Corentin : Au niveau des compétences, il y a des tâches que j’ai dû faire qui sont très loin de mon cursus scolaire en sciences sociales. Faire un budget, réaliser un inventaire de matériel… Même tout ce qui est supports de communication en général, ce sont des trucs que je n’avais jamais fait donc il a fallu les apprendre.

Ly-Lou : Je pense qu’en général, le Service Civique m’a apporté beaucoup de maturité. Ça peut répondre à des questions aussi. Permettre de se conforter dans ses choix.

Quels plans pour la suite ?

Ly-Lou : Alors, moi j’ai un plan quinquennal ! J’ai su aujourd’hui que j’ai été prise au poste d’assistance d’éducation dans un collège. C’est un travail qui me permettra de rester en contact avec les enfants et les ados, tout en finissant ma licence de droit. Après ça, j’hésite encore entre un Master, continuer des études et travailler en même temps ou passer les concours de la Police nationale pour entrer dans la brigade de protection des mineurs. Ou alors je postulerai pour devenir CPE. Mais si ça se trouve, ce sera autre chose !

Corentin : Ça te vient d’où, cette idée de passer le concours de la police de protection des mineurs ? Tu avais déjà envie avant ou c’est le Service Civique qui t’a donné envie ?

Ly-Lou : J’avais déjà cette idée. Ma maman est éducatrice dans une maison d’accueil pour enfants, du coup j’ai touché à ça depuis que j’ai 12 ans. Mais au final, cette année, ça m’a vraiment rassurée de voir tous les adultes qui se tiennent derrière les services de l’enfance en danger.

Corentin : Jusqu’en août, je suis encore au Conseil Départemental pour travailler en tant que stagiaire. J’ai eu la chance et l’opportunité d’avoir une proposition là-dessus. Je vais m’occuper de la récolte et de l’analyse des données du questionnaire bien-être distribué à tous les collégiens. Après… Soit je continue les études que j’étais en train de faire pour devenir prof des écoles, soit je poursuis dans le monde pro, selon les opportunités qui s’offriront à moi. Je me laisse encore un peu de temps pour réfléchir et on verra. Peut-être ici, peut-être ailleurs. C’est pas un plan quinquennal ! C’est même tout le contraire.

Victor : Et moi, je ne sais pas encore pour la suite. On va dire que ma mission n’a pas changé mes objectifs. Je sais que je ne vais pas poursuivre mes études. Je pense trouver un emploi mais je ne sais pas lequel encore. 

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